Parmi les hantises de toute entreprise : la faille de sécurité. Et l’origine de la plupart des failles : une négligence humaine. Dans la quasi-totalité des attaques, les cybercriminels ciblent les salariés des entreprises. D’où viennent les failles ? Comment les combler ? Que faire pour les éviter ? Comment renforcer tout le système et sécuriser les accès Intranet et web ? Comment stocker ses données de façon vraiment sécurisée ? Autant de bonnes questions de cybersécurité à se poser pour éviter la faille… et la faillite de votre système informatique.
Une faille de sécurité désigne une faiblesse ou un défaut dans un système informatique, une application logicielle ou un processus organisationnel. Cette vulnérabilité va permettre à un attaquant de s’introduire dans le système informatique pour atteindre son objectif : vol de données ou compromission d’opérations clés. La faille constitue la porte d’entrée du cybercriminel. L’attaque peut avoir lieu tout de suite, mais aussi des mois plus tard, si l’attaquant agit par déplacement latéral dans le système pour s’y cacher.
Une faille de sécurité porte atteinte au fonctionnement du système informatique mais surtout à la sécurité des données de l’entreprise, ce qui peut avoir de lourdes répercussions financières et juridiques… D’où la nécessité d’un système de sécurité informatique performant.
Les points de départ de la plupart des failles de sécurité :
Dans bien des PME et ETI, les identifiants et mots de passe utilisateurs ne sont pas assez rigoureusement gérés. Les erreurs les plus courantes :
Il arrive même que certains salariés ayant quitté l’entreprise aient encore accès au système : une aberration liée à une absence de gestion de l’annuaire.
LA grande porte pour la cybercriminalité. Les attaquants envoient des emails frauduleux aux liens ou pièces jointes infectés. S’installent alors malwares en tous genres selon les droits donnés à l’utilisateur… La messagerie de l’entreprise doit donc être soigneusement protégée, les droits réduits au strict nécessaire et les collaborateurs fortement sensibilisés.
La mise à jour d’un logiciel corrige les obsolescences et failles des programmes. Les logiciels trop anciens ne sont, par définition, plus à jour, peuvent présenter des vulnérabilités et compromettre la sécurité de toute l’infrastructure informatique. Effectuer les mises à jour de chaque logiciel en temps voulu limite le risque d’intrusion.
Le BYOD (Bring Your Own Device) et l’utilisation d’une messagerie personnelle dans le cadre professionnel ou la consultation de fichiers depuis un ordinateur personnel peuvent être la source de failles informatiques si les appareils personnels des salariés ne sont pas alignés sur le même niveau de sécurité que les postes de l’entreprise. Télétravail et BYOD doivent donc être très bien encadrés. Un contrôle régulier de la sécurité des accès utilisateur est nécessaire.
L’hébergement constitue lui aussi un enjeu de sécurité majeur. Un système obscur, approximatif ou mal maîtrisé peut devenir le point d’entrée pour la cybercriminalité. Vos données sont-elles en sécurité là où elles sont hébergées ? Comment se passent les sauvegardes ? Que faire en cas d’attaque ? Comment restaurer les données suite à un sinistre ? Autant de questions d’infogérance informatique à se poser. Chaque zone de flou correspondant potentiellement à une faiblesse du système. Le cloud n’est pas infaillible et nécessite surveillance et maintenance.
Outre les cyber-attaques, les données peuvent aussi être menacées par un accident. On se souviendra notamment de l’incendie du Data center d’OVH Cloud, qui a posé quelques problèmes…
Le manque d’outils de supervision est un problème en soi. Comment surveiller le système et trouver rapidement la source des problèmes sans historique, données analytiques comparatives, ni expert compétent pour gérer les serveurs ?
Le Top 10 de l’OWASP (Open Web Application Security Project) liste les préoccupations en matière de sécurité relatives aux applications web, en se concentrant sur les dix risques les plus critiques. Rédigé par des experts en sécurité informatique du monde entier, ce document de sensibilisation peut être intégré dans le processus de prévention des risques de toute entreprise. Voici 8 risques récurrents sur les listes.
L’injection SQL est une faille critique des applications web liées à une base de données : SQL est le langage standard pour manipuler les données dans la plupart des systèmes de gestion de base de données (MySQL, PostgreSQL, SQL Server, etc.).
La faille permet l’injection de code malveillant dans une requête SQL via le champ prévu pour l’utilisateur (formulaire de connexion, barre de recherche, etc.), qui exécute une requête non prévue par le développeur.
Une injection SQL peut résulter d’un manque de validation des entrées utilisateur, qui permet alors l’exécution de requêtes malveillantes. Cela peut entraîner l’accès, la modification ou la suppression de données.
En prévention : requêtes paramétrées, filtrage des entrées, audits réguliers du code.
Un utilisateur non autorisé accède à des données ou à une interface réservée faute de vérifications des droits. C’est l’une des vulnérabilités les plus critiques recensées par l’OWASP, car elle est souvent sous-estimée.
En prévention : validation stricte des permissions, tests d’intrusion, modèles de contrôle d’accès revus régulièrement.
L’utilisation de mots de passe faibles ou réutilisés expose les systèmes aux risques d’attaques en le rendant vulnérable. Des procédures de réinitialisation mal sécurisées peuvent également permettre à un attaquant de prendre le contrôle d’un compte. Par ailleurs, même avec des mots de passe robustes, l’absence de gestion efficace des sessions (comme l’invalidation après une déconnexion ou une tentative suspecte) peut laisser des accès ouverts aux intrus.
Une défaillance dans l’authentification peut entraîner un accès complet aux données sensibles, compromettant leur confidentialité, leur intégrité et leur disponibilité.
Exemple : utilisation du mot de passe faible“123456” ou d’un mot de passe déjà compromis dans une base de données en ligne.
Pour renforcer cette couche critique de sécurité, il faut mettre en place des mécanismes d’authentification avancés : authentification multifacteur (MFA), gestion stricte et chiffrée des sessions, procédures de réinitialisation fiables, et contrôle centralisé des accès.
Le Cross-Site Scripting (XSS) est une faille fréquente des applications web qui n’assurent pas un filtrage strict des données utilisateur. Elle permet à un attaquant d’injecter du code malveillant (souvent JavaScript) exécuté dans le navigateur de la victime.
Exemple d’attaque : vol de cookies d’identification ou redirection vers un faux site de connexion pour du phishing.
Selon le type d’attaque, le script peut cibler un seul utilisateur (XSS réfléchi) ou l’ensemble des visiteurs d’une page piégée (XSS persistant). Les effets vont du vol de session au phishing à grande échelle.
En prévention : validation des entrées, encodage des sorties, filtres anti-XSS.
Des configurations par défaut trop ouvertes, l’absence de durcissement et le retard dans l’application des correctifs créent des vulnérabilités exploitables. Exemple : un mot de passe administrateur laissé par défaut ou une interface de gestion exposée sur Internet.
Le manque de surveillance des journaux accentue le risque en laissant les activités malveillantes passer inaperçues, compromettant la détection et la réponse aux incidents.
Sans traçabilité fiable, toute analyse post-attaque devient difficile, voire impossible. Une configuration sécurisée et une supervision continue sont donc essentielles pour anticiper, détecter et contenir efficacement les menaces.
En prévention : revues de configuration, patch management.
Utilisation de bibliothèques ou plugins non mis à jour.
Exemple : la faille critique Log4Shell (Log4j), ou une version vulnérable de jQuery laissée en production.
En prévention : veille sécurité, mises à jour régulières, suppression des composants inutiles.
Interception des données entre deux interlocuteurs, souvent sur un WiFi non sécurisé.
Exemple : interception d’un mot de passe ou d’un cookie de session sur un WiFi public mal sécurisé.
En prévention : chiffrement TLS/SSL, VPN, interdiction des connexions non sécurisées.
L’absence de journalisation ou de surveillance efficace empêche la détection rapide d’activités suspectes. Sans logs exploitables, les attaques peuvent passer inaperçues et compliquer les enquêtes post-incident. Sans logs centralisés et surveillés, des comportements anormaux (tentatives d’accès multiples, élévation de privilèges, etc.) peuvent ne jamais être détectés.
En prévention : mise en place de journaux de sécurité détaillés, surveillance en temps réel, alertes automatisées, analyse régulière des logs.
Pour prévenir la faille de sécurité, trois étapes dans tous les cas :
La première mesure de prévention consiste à faire effectuer un audit de sécurité du système global par un expert en informatique externe, pour plus d’objectivité.
Ce spécialiste de l’infogérance détectera les éventuelles failles et les solutions à installer pour y remédier ou les anticiper. Il recommandera également les mesures de maintenance informatique à mettre en place en fonction de vos activités et de votre budget.
En simulant une attaque. L’expert en informatique doit réaliser des tests d’intrusion, ou pentest, pour évaluer l’état des mesures de protection. Ce hacking bienveillant permettra de s’assurer de la solidité du système de protection, et de le consolider si nécessaire.
Utilisation des identifiants de connexion, mots de passe, matériel informatique personnel, téléchargements et installation de logiciels : les salariés de l’entreprise doivent être formés régulièrement (un minimum) aux risques et bonnes pratiques informatiques.
Les impacts d’une faille de sécurité peuvent être à la fois financiers, juridiques, mais aussi entraîner une atteinte à la réputation. Une dimension souvent négligée mais fondamentale.
En cas de faille de sécurité exploitée, l’entreprise risque des sanctions légales et financières si les données personnelles des clients ou employés sont compromises.
Une faille de sécurité peut éroder la confiance des clients et partenaires, entraînant des pertes de contrats et une image ternie difficile à restaurer.
Une cyberattaque peut paralyser les opérations quotidiennes, entraînant des retards, une perte de productivité, une désorganisation et une baisse de chiffre d’affaires.
L’idéal est évidemment d’éviter les failles de sécurité en amont par des mesures de cybersécurité adaptées. Mais si une faille de sécurité était mise à jour dans votre système informatique, voici les grandes étapes théoriques de l’intervention d’urgence.
L’urgence : identifier l’origine de la faille et limiter son impact en isolant les systèmes affectés pour empêcher toute propagation.
Examiner les données compromises, les systèmes touchés et les éventuelles interruptions pour mesurer l’ampleur de l’incident. Activer le PCA (le Plan de Continuité d’Activité) pour maintenir une continuité minimale vitale des opérations, ou PRA (le Plan de Reprise d’Activité) pour redémarrer les systèmes après un arrêt complet. Le tout afin de limiter les perturbations et restaurer rapidement les opérations critiques.
Appliquer des correctifs, mettre à jour les systèmes, et mettre en place des mesures préventives pour bloquer les éventuelles intrusions futures.
Ces quatre grandes priorités seront communes à toutes les entreprises quelle que soit leur activité.
La solution la plus efficace est une approche à plusieurs volets comprenant la protection des endpoints (tout type de terminal susceptible de se connecter au réseau de l’entreprise depuis l’extérieur de son pare-feu, soit ordinateurs portables, de bureaux, mobiles) contre les activités cyber-criminelles, notamment par une solution EDR (Endpoint Detection and Response), incluant :
Toute entreprise peut être la cible d’une cyberattaque. Il suffit qu’un employé clique sur une pièce jointe ou un lien malveillant. La protection contre les menaces avancées par e-mails, telles que les attaques de phishing (hameçonnage) et les attaques BEC (Business Email Compromise), constitue également une priorité.
Dans la (trop) grande famille des malwares (malicious software, logiciels malveillants), on retrouve souvent :
Si les malwares endommagent rarement les systèmes, ils peuvent voler, crypter, supprimer des données clés pour une entreprise. Pour éviter les failles et leur intrusion, il faut en quelque sorte renforcer le système immunitaire du SI.
Le partage représente autant de potentielles portes d’entrée aux menaces qu’il y a d’utilisateurs. Verrouiller le cloud, l’intranet et ses accès s’impose.
Les pirates informatiques rivalisent de créativité et le risque zéro, malheureusement, n’existe pas. Une faille Linux vieille de 10 ans avait par exemple été détectée en 2021 par Microsoft…
En 2025, un nouveau problème de sécurité serait signalé en moyenne toutes les 17 minutes. En 2024, 5 629 violations de données personnelles ont été notifiées à la CNIL en 2024. La seule protection contre les failles informatiques consiste à instaurer un système de défense complet en profondeur, constamment mis à jour pour s’adapter aux risques croissants d’attaques.
À l’image de notre santé, celle du système informatique doit être entretenue et protégée des agressions ; restaurée si nécessaire et renforcée là où elle présente des fragilités ou carences.
L’antidote à la faille de sécurité reste une infogérance professionnelle, rigoureuse et adaptée. Elle seule permettra de renforcer votre système informatique jour après jour. Elle devra aller de pair avec une formation adéquate des salariés de l’entreprise.
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